La fin de vie

Publié le 21 Février 2017

Avec des amis, on a eu une grande discussion sur la fin de vie. Un sujet encore tabou à Madagascar, où aucune loi ne prévoit les procédures de fin de vie. J'envie la France sur ce sujet car même si certains disent que des étapes restent à franchir, on peut dire que la France est quand même déjà assez avancée sur le sujet. Par rapport à ici en tout cas. 

On parlait donc de la fin de vie. Une connaissance a souffert de la maladie de Charcot depuis quelques mois, et comprenant que non seulement c'est irréversible mais en plus que la dégénérescence des muscles sera très rapide, a commencé à dire à ses proches qu'il souhaite être euthanasié quand la souffrance deviendra insupportable. En clair, quand la maladie sera bien avancée et attaquera ses facultés respiratoires.

C'est là que la famille se trouve embêtée car aucune loi n'encadre l'arrêt des traitements et encore moins ne prévoit l'euthanasie. Ils ont commencé assez tôt à parler aux médecins traitants qui, bien qu'ayant compris la demande, n'osaient pas trop se prononcer sur le sujet car ils engagent clairement leur responsabilité pénale. 

Il a fallu emmener rapidement le patient dans un pays prévoyant l'euthanasie, c'est à dire loin de chez lui, loin de ses proches, pour pouvoir le faire partir doucement comme il le souhaitait. La famille a vécu une double peine, celle de lui dire adieu bien avant l'heure car seuls 4 de ses proches ont pu l'accompagner, et enfin la perte d'un être cher.

Je trouve que la société a assez évolué pour refuser de voir cette question en face et de changer la législation. Chacun de nous a le droit de décider de son propre sort, de ne pas trop souffrir, de ne pas trop faire souffrir nos proches. C'est à mon avis une décision personnelle et intime à chacun pour que le corps médical ou les législateurs puissent y mettre leur veto. 

Les raisons religieuses et ethniques généralement évoquées pour s'opposer aux décisions dans un cas de fin de vie me semblent dépassées par la volonté de chacun de disposer de son propre corps et de décider une façon digne de s'en aller. 

Notre discussion durait des heures car chacun avait ses arguments pour refuser ou accepter la possibilité et/ou la nécessité de légiférer sur la fin de vie. Cette discussion entre bande de copains me semble assez proche de celle qui se passe dans notre société. Ces discussions doivent avoir lieu, mais nous devons accepter que la vie et la société ont évolué. 

Qu'en pensez-vous ?

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Rédigé par Corinne

Publié dans #Société

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Sylvie, Enfin moi 22/02/2017 22:54

C'est un sujet tellement personnel
Bravo bel article plein de coeur
Bisous

Marie Kléber 21/02/2017 12:17

C'est une question difficile et délicate. Parce que la mort demeure dans beaucoup de pays et dans beaucoup d'esprits un sujet tabou.
Pourtant je pense que chacun devrait avoir le droit de choisir la manière dont il souhaite finir sa vie . D'ailleurs l'euthanasie existe à certains degrés en France, même si ce n'est pas clairement dit...
Je trouve atroce de laisser une personne souffrir sans autre réponse que c'est INTERDIT. Interdit par qui?

ifeelblue 21/02/2017 11:50

En théorie je suis complètement POUR finir sa vie comme on le souhaite, quand on le souhaite ( = avant de souffrir, avant de n'être plus que l'ombre de soi-même). En pratique, c'est vrai que c'est très délicat à encadrer tout ça...

Petitgris 21/02/2017 08:40

C'est un sujet qui fait toujours mal quand c'est un être cher qui est le centre de la discussion. J'en ai parlé à mon fils et même s'il se refuse à l'envisager, il reconnaît que la Suisse qui autorise l'euthanasie serait une solution...mais le plus tard possible !!! Gros bisous